Qui est Lalla Fatma N'Soumer ?
Lalla Fatma N'Soumer naquit vers 1830 à Ouerja, (1246 de l'ère hégirienne), sur la route de Aïn El-Hammam vers le col de Tirourda, dans la région kabyle d'Algérie.
Appelée « la Jeanne D'Arc du Djurdjura » par l'historien Louis Massignon, l'expression « Lalla n'Ouerdja », nom par lequel est également désigné Fatma n'Soumeur, est attribuée dans la tradition populaire de Kabylie aux jeunes femmes qui réfutent toute forme d'oppression.
Sa famille se rattachait à la confrérie des Rahmania. Cette confrérie fondée vers 1715, regroupait en son sein la majorité des marabouts de la Kabylie.
Le père de Lala Fatma N'Soumer, Sidi Mohammed Ben Aïssa, était un homme influent du Cheikh Sidi Ahmed Améziane de la confrérie des Rahmania.
Sa mère était Lalla Khadidja. Elle avait quatre frères dont l'aîné était Si Tahar.
Elle reçut une solide éducation religieuse. Lorsqu'elle atteignit l'âge de seize ans, son père qui souhaitait la marier, la donna à son cousin Yahia Nath Ikhoulef. Mais le jour des noces, elle refusa le mariage. Elle opta pour une vie d'ascétisme et se consacra à la prière et la dévotion et approfondit ses connaissances théologiques.
Elle sillonna les alentours et découvrira au cours de ses pérégrinations la "Grotte du Macchabée", ainsi dénommée en raison de la découverte d'un squelette momifié.
A la mort de son père, Lalla Fatma rejoindra son frère aîné Si Tahar. Elle approfondira auprès de lui ses connaissances théologiques.
Elle aurait du se consacrer à une vie spirituelle pleine de quiétude, si son côté rebelle et nationaliste ne prit pas le dessus. Elle s'opposa au corps expéditionnaire du maréchal Randon et du quitter sa région natale pour se réfugier en 1857 dans un premier temps à Souk Larbaa et par la suite vers Tourtatine, un hameau enclavé à l'intérieur du massif forestier d'El-Aissaouia, à l'ouest de Tablat.
C'est à ce moment quelle intègrera la confrérie El-Aissaouia dirigée par El Bey Mahiedine Et Tahar, Cadi et cheikh et ne la quittera plus jamais. A sa mort en 1863 à l'âge de 33 ans, elle sera enterrée au cimetière de Sidi Abdallah, situé non loin de son lieu de refuge.
Le 29 octobre 1994, les autorités qui reconnurent à Lalla Fatma le statut de résistante nationale, transféreront sa dépouille au carré des martyrs d'El-Alia, à Alger.
En effet, sa résistance contre le colonialisme au cours de laquelle elle fit preuve d'un courage et d'un héroïsme exceptionnels.
Bibliographie
"La poésie populaire kabyle et la résistance à la colonisation de 1830 à 1962", BENBRAHIM-BENHAMADOUCHE Malha, 1982 , Thèse de doctorat 3ème cycle, E.H.E.S.S., Paris.
Campagnes de Kabylie; Histoire médico-chirurgicale des expéditions, 1862, BERTHERAND A. (Doct.), Paris, J.- B. Baillière / V. Masson.
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Poésie populaire de la Kabylie du Jurjura, HANOTEAU Adolphe, 1867 , Paris, Imp. Impériale.
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« Fatma n'Soumeur et la résistance à la conquête française de l'Algérie », SEGHIR Ferej-Mahmoud,
1979 Revue d'Histoire Maghrébine, Tunis, n° 15-16, p. 131-139.
Malha BENBRAHIM, « Malha Benbrahim, Documents sur Fadhma N'Soumeur (1830-1861) », Clio, numéro 9/1999, Femmes du Maghreb